Une théorie du changement discutable:entre désintérêt politique et frustration politique

 

Présidentielles
Faut-il parler d’une jeunesse qui se cherche ou qui manifeste un désintérêt à l’égard de la politique, ou faut-il parler à la jeunesse pour éveiller en elle cette conscience politique qu’elle-même reproche à ses aînés ? Comment doit-on poser la question ? Comment doit-on se poser la question ?

Je suis jeune, je suis togolais, je me pose des questions sur l’avenir politique de mon pays, bon, pas tant que cela. Cette légère indifférence fait-elle de moi une personne qui ne fait rien pour son pays, qui ne ferait rien pour son pays, ou qui fait des propositions « silencieuses » voire « sourdes » et « étouffées » ? Je suis à l’image de tous ces jeunes togolais qui voudraient bien militer pour un parti politique, qui aimeraient dire d’un homme politique actuel de leur pays, « cet homme est mon modèle », qui voudraient incarner dans 10 ou 20 ans l’intégrité de tel homme politique togolais ou de telle femme politique togolaise, mais qui n’y arrivent pas. Pourquoi le jeune togolais préfère ne pas s’engager, ne pas prendre partie dans un parti, manifester ce désintérêt sans coup férir ? La raison est toute simple, il ne se retrouve point dans cette jungle politique dénuée d’éthique, de bon sens, de science politique et que sais-je encore. Certes, la jeunesse peut y remédier en se jetant à l’eau ? Mais dans quelle eau concrètement doit-elle se jeter ? Celle dans laquelle baignent les requins en espérant les convaincre de la suivre, ou celle dans laquelle baignent des poissons de différentes sortes d’où le manque de cohésion et de compréhension dû à l’absence du même langage ? C’est d’ailleurs ce qui pousse nombre de jeunes à naviguer avec le parti qui offre plus de possibilités, les idées novatrices ne sont plus vraiment à considérer. Il y ait de ces jeunes qui, en les écoutant, on se rend compte que leur choix est fait : « si j’adhère au système, je n’aurais guère le choix que d’adhérer à leurs principes même si je voudrais bien changer les choses », disent certains d’entre eux.  Eh oui, Bayart n’a pas eu tort en parlant de « la politique du ventre » qui gangrène la gestion de la politique africaine.

Alors cher Aphtal, je comprends ce que tu veux dénoncer dans ton billet, je comprends que cette jeunesse semble se voiler la face tout en restant derrière un écran, mais parler de manque d’engagement politique des jeunes oblige d’une manière ou d’une autre à faire la différence entre désintérêt politique et frustration politique. Vous voulez qu’ils se bougent, qu’ils soient plus entreprenants, ne leur en voulez pas s’ils restent prudents et sont sur la défensive, ne leur en voulez pas s’ils vous disent qu’en intégrant le système cela ne leur profiterait pas (oui, il y en a qui ne pensent pas seulement à la manne financière).

Ce que veut toute jeunesse de la politique est de se retrouver dans l’idéologie des partis politiques. Il ne s’agit pas de militer pour un parti juste parce qu’il a plus de moyens ou parce qu’il peut permettre d’être Ministre d’Etat dans un futur proche, ou parce qu’il peut me permettre de décrocher un contrat pour ma nouvelle entreprise ou mon neveu, ou parce que mes parents me l’ont recommandé ou m’y ont initié ; mais il s’agit de militer pour une cause, pour un parti qui véhicule des idées nobles et propose de concrètes solutions au chômage, à l’assainissement des finances publiques et etc… Déjà que les jeunes se truandent entre eux dans un petit groupe pour un contrat de travail, juste parce qu’un l’eux veut se faire une place au sein du conclave politique par la suite ; déjà qu’il y en a qui veulent s’éterniser à la tête de petites associations et de petits clubs, c’est à se demander si l’engagement politique y changera quelque chose et si le manque de participation politique y est pour quelque chose. S’il s’agit juste de militer pour militer, s’il s’agit juste de compenser le vide et de faire comme les autres pour qu’on dise qu’au moins j’ai choisi un parti tout en participant à l’éclosion d’une partie de la scène politique, s’il s’agit de m’engager dans un parti et ne pas pouvoir dire ce que je pense et penser ce que je dis, s’il ne s’agit que de cela frère, il y en a qui le font déjà si bien et je les en félicite tellement. Pour ma part, je continuerai de dire que le problème réside à la base et qu’il faut commencer par là : l’aspect éducationnel. En effet, l’éducation dans l’espace francophone est selon moi un aspect qui conditionne la vision politique de ces jeunes. Nul besoin de rappeler que les idées innovantes semblent elles-mêmes amorties par les préceptes éducationnels que la jeunesse reçoit et développe à son tour. Peut-être que les notions de la science politique et de la manière de faire la politique doit être véhiculées assez tôt dans l’enseignement secondaire et redéfinir la notion d’intérêt général, de participation et d’engagement politique. Plus tôt les jeunes cerneront les notions, mieux ils analyseront les politiques menées et meilleur sera leur choix d’un leader politique, et peut-être mieux seront dirigés les partis politiques.

Entre désintérêt politique et frustration politique, le match est loin d’être fini.

Dénonçons, critiquons mais proposons des pistes de solutions plausibles pendant que nous le pouvons.

J’en ai fini.

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